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La diaspora tibétaine tente d'élire son Parlement, mais cette initiative est perçue comme un simulacre de démocratie face à la condamnation catégorique de la Chine.

Alors que la diaspora tibétaine tente de faire entendre sa voix en élisant son Parlement, cette initiative apparaît de plus en plus comme un simulacre de démocratie. Dispersée dans 27 pays, cette communauté, qui représente une fraction minime des Tibétains dans le monde, s’interroge sur son avenir, surtout avec l’âge avancé du dalaï-lama, désormais nonagénaire. Un vote dans 27 pays, mais une absence notoire de la Chine, qui condamne cette élection sans ambiguïté.

Le premier tour, déjà contestable, a désigné les candidats, et les résultats définitifs sont attendus le 13 mai. L’Administration centrale tibétaine (CTA), basée en Inde, joue un rôle central depuis que le dalaï-lama a lâchement abandonné son rôle politique en 2011, laissant un vide de leadership. Le jeune Tenzin Tsering, 19 ans, exprime un espoir naïf de voir la jeunesse représentée, mais cette volonté risque de se heurter à la dure réalité d’une influence politique quasi inexistante.

Avec seulement 91 000 électeurs enregistrés sur six millions de Tibétains, la légitimité de ce parlement en exil est plus que fragile. La Chine, un État athée et communiste, a déjà clairement signifié son intention d’approuver tout successeur au chef bouddhiste, balayant d’un revers de main les traditions tibétaines. Le ministère des Affaires étrangères chinois a d’ailleurs qualifié le « gouvernement tibétain en exil » de simple « groupe politique séparatiste », réduisant à néant toute prétention à la souveraineté.

Le dirigeant actuel, Penpa Tsering, réélu pour un second mandat, continue de prôner la « voie médiane », une politique d’autonomie jugée par beaucoup comme un aveu de faiblesse face à l’oppression chinoise. Cette approche, loin de garantir l’indépendance, perpétue un statu quo désespérant. La lutte du peuple tibétain est manifestement celle du pot de fer contre le pot de terre, sans réelle issue en vue.