
Deux ans après le déchaînement de violence qui a ensanglanté le péage d’Incarville, l’onde de choc de l’évasion de Mohamed Amra, dit «La Mouche», continue de secouer. Le 14 mai 2024 restera gravé comme un symbole de la faillite sécuritaire, où un commando impitoyable a semé la mort, laissant derrière lui des vies brisées et une institution pénitentiaire en pleine tourmente.
Ce jour funeste, Aymeric, surveillant pénitentiaire, a vécu l’horreur absolue. Couché sur l’asphalte, le corps broyé par la terreur, il a assisté impuissant à l’exécution de son collègue, le capitaine Fabrice Moello. Une rafale d’arme de guerre a emporté la moitié du crâne de ce dernier, sous les yeux horrifiés d’Aymeric, dont le genou fut lui-même broyé par une balle. «Je me suis dit que c’était pour que je reste vivant mais que je n’oublie pas», confiera-t-il, un témoignage glaçant de la barbarie des assaillants.
L’évasion s’est déroulée en seulement trois minutes, un laps de temps effroyable où le système a volé en éclats. Mohamed Amra, un détenu classé dangereux, était transféré sous un niveau d’escorte 3. Malgré un protocole de sécurité censé être rigoureux, le fourgon pénitentiaire est tombé dans un guet-apens d’une violence inouïe. Le dispositif a échoué lamentablement, posant de graves questions sur la préparation et l’efficacité des mesures de sécurité.
Les enquêteurs de l’OCLCO, deux ans après les faits, semblent enfin avoir identifié les membres de ce commando impitoyable. Tous seraient issus de la garde rapprochée de «La Mouche», un détail qui souligne la profondeur des réseaux criminels et la vulnérabilité du système face à une détermination sans scrupules. Cette affaire révèle les failles béantes de la justice et de l’administration pénitentiaire, incapables de prévenir un tel drame et de protéger ceux qui sont en première ligne.







