
Le phénomène est alarmant et ne cesse de s’aggraver : de plus en plus de mineurs sont recrutés par les réseaux de narcotrafiquants, souvent via les réseaux sociaux. Attirés par la promesse de gains rapides, ces adolescents vulnérables se retrouvent enrôlés dans un engrenage de violence et de criminalité dont il est extrêmement difficile de s’échapper. Les trafiquants, maîtres manipulateurs, ciblent des profils fragiles, sans repères, pour en faire des pions dans leur commerce mortel.
La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) révélait dans un rapport de 2025 que près de 10 000 mineurs seraient impliqués dans le trafic de stupéfiants. L’âge moyen des « petites mains », souvent cantonnées au rôle de guetteurs, les « choufs », tourne autour de 15-16 ans, mais des enfants de seulement 10 ans sont désormais ciblés. Ces jeunes, poussés par l’appât du gain, apprennent vite les rouages du système et, malheureusement, montent rapidement en grade, passant de guetteurs à vendeurs, voire à des rôles plus sinistres, n’hésitant pas à exécuter des contrats. C’est la triste réalité d’une jeunesse sacrifiée, piégée par des promesses illusoires et une violence sans limites.
Le constat est brutal : la société semble dépassée par l’ampleur du désastre. Malgré les alertes et les analyses de certains, longtemps ignorées par une partie de la classe politique, le problème s’est enraciné. Le refus d’affronter la réalité et l’inaction précoce ont conduit à une situation où il est désormais difficile d’inverser la tendance. C’est l’échec d’une politique qui n’a pas su protéger sa jeunesse et qui voit aujourd’hui ses conséquences les plus sombres éclater au grand jour, laissant des milliers de jeunes sombrer dans l’abîme du narcotrafic.






