
Le Médiateur de l’énergie a de nouveau brandi des «cartons rouges», révélant une situation désastreuse chez certains opérateurs malgré une prétendue accalmie sur le marché. Son rapport annuel 2025 met en lumière des pratiques alarmantes qui continuent de miner la confiance des consommateurs.
Alors que le nombre de saisines a globalement diminué de 10% l’an dernier, cette baisse masque des réalités bien plus sombres. Si les litiges liés aux prix du gaz et de l’électricité reculent, les plaintes concernant les réseaux de distribution, notamment Enedis, ont bondi de 21%. Les retards de raccordement, les problèmes d’ouvrages et la détérioration de la qualité de fourniture sont en forte augmentation, prouvant que les «efforts affichés» par Enedis ne sont que poudre aux yeux. La situation est particulièrement critique en Provence Alpes du Sud et en Île-de-France Ouest.
Pire encore, Enedis est confronté à une explosion des fraudes aux compteurs Linky, multipliées par quatre en 2025. Le Médiateur dénonce une lenteur de réaction inacceptable, avec des fraudes de 2022 ou 2023 traitées seulement en 2025. La procédure de redressement financier est jugée «pas suffisamment robuste», laissant planer un doute sur l’efficacité réelle du gestionnaire de réseau.
Les «cartons rouges» ont été infligés pour la deuxième année consécutive à Primagaz et JPME. Primagaz, fournisseur de GPL, est l’exemple le plus «préoccupant» avec un service client en déroute totale depuis fin 2023. Les litiges ont été multipliés par cinq en deux ans, entre facturations erronées et prélèvements bloqués. Le «service réclamation ne fonctionne pas», une situation qui interpelle sur le «professionnalisme de la société».
Quant à JPME, spécialisée dans l’achat de production d’électricité photovoltaïque, elle concentre à elle seule 80% des litiges du secteur. Après avoir encaissé des frais d’entrée parfois exorbitants, l’entreprise a mis en place un «défaut de paiement quasi généralisé». Les modifications unilatérales et trompeuses des prix de rachat ont conduit le ministre de l’Économie à retirer l’autorisation de JPME début 2026, laissant de nombreux producteurs dans l’incertitude et la précarité.
Enfin, le Médiateur s’inquiète des répercussions potentielles du conflit au Moyen-Orient sur le marché de l’énergie. Bien que «trop tôt» pour constater des litiges directs, un «frémissement sous le radar» est à surveiller de près, annonçant peut-être de nouvelles turbulences à l’automne.






