
L’affaire Lyhanna met en lumière une réalité glaçante : la justice française est-elle en pleine déroute ? Alors que la colère gronde, le président de la Conférence nationale des procureurs, Frédéric Chevallier, ose affirmer que la «colère est très mauvaise conseillère». Une déclaration qui sonne creux face à l’indignation générale et aux accusations de dysfonctionnements systémiques au sein des institutions judiciaires.
Les chiffres sont accablants. Selon l’ancien président de la Ciivise, Édouard Durand, plus des deux tiers des plaintes pour des faits graves, notamment la pédocriminalité, sont classées sans suite. Une situation alarmante qui dépeint un système où la parole des victimes, souvent des enfants, n’est pas entendue, ni même protégée. «Un pédocriminel peut faire jusqu’à 150 enfants victimes, ou aller jusqu’à commettre 2000 viols sur le même enfant», rappelle le magistrat, soulignant l’ampleur catastrophique du problème.
Politiciens et experts s’accordent sur un point : c’est la «ruine programmée de notre système judiciaire» qui se profile. Sébastien Chenu du RN fustige l’«absence de responsabilité» d’une certaine magistrature, tandis que François-Xavier Bellamy (PPE) dénonce une «faillite collective» où l’indépendance de la justice semble rimer avec irresponsabilité. Les appels à des sanctions et à une réforme en profondeur se multiplient, mais les réponses du gouvernement, notamment la revue de 70 000 plaintes, sont perçues comme de simples «effets d’annonce» face à l’urgence de la situation.
Alors que le projet de loi sur la justice criminelle arrive à l’Assemblée, l’ombre de Lyhanna plane sur les débats, rappelant la gravité des enjeux. Les magistrats, eux, se retranchent derrière le besoin d’attendre les conclusions d’inspections, une posture qui ne fait qu’alimenter la défiance du public. La promesse de «rendre des comptes» est faible, sans l’assurance de sanctions concrètes pour ceux qui, par leur inaction, ont contribué à cette tragédie insupportable.






