
Laurent Wauquiez, le président des députés Droite républicaine, semble sortir de son silence, un silence jugé « trop calme » par ses adversaires politiques. Loin d’avoir renoncé à ses ambitions, il prépare son retour sur la scène politique pour l’élection présidentielle de 2027, adoptant une stratégie de « guerrier du rassemblement ». L’homme, souvent critiqué pour son opportunisme, entend bien peser sur le programme et le choix du futur candidat qu’il soutiendra, quitte à créer des remous au sein de sa propre famille politique.
Malgré des échecs passés, notamment la présidence des Républicains qui lui a échappé, et l’abandon de son ambition élyséenne directe, Laurent Wauquiez se positionne désormais comme un arbitre incontournable. Il confie que « une défaite peut rendre aigri, mais une victoire peut rendre ivre au point de perdre toute lucidité », une pique à peine voilée à certains de ses rivaux. Cette apparente sagesse cache une manœuvre politique calculée pour imposer ses conditions.
La main tendue à Édouard Philippe est un signe fort de cette stratégie. Wauquiez estime que l’ancien Premier ministre « peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France », le poussant à « s’émanciper de l’histoire de la macronie ». Cette déclaration est un coup dur pour Bruno Retailleau, le candidat désigné par les adhérents LR, que Wauquiez exhorte, sans le nommer directement, à « savoir se retirer » si sa candidature ne décolle pas dans les sondages.
Cette posture divise Les Républicains, déjà fragilisés par des sondages médiocres. Laurent Wauquiez insiste sur la nécessité d’un candidat unique pour éviter une déroute et la qualification du Rassemblement National ou de La France Insoumise au second tour. Il rêve d’une union des trois candidats de la droite et du centre : Philippe, Attal et Retailleau. Toutefois, sa démarche est perçue par certains comme un ralliement opportuniste à Édouard Philippe, le mieux placé dans les sondages. Cette stratégie, bien que présentée comme un effort de rassemblement, pourrait bien exacerber les tensions et les divisions au sein d’une droite déjà en pleine crise existentielle, rendant le chemin vers 2027 plus incertain que jamais.






