
La tant attendue réforme des aides au logement, maintes fois repoussée et finalement mise en œuvre en janvier 2021, s’avère être un véritable coup de massue pour des millions de bénéficiaires. Présentée comme une avancée vers plus de justice, cette nouvelle méthode de calcul, basée sur les revenus «en temps réel», s’accompagne d’une baisse drastique des aides pour une partie significative des allocataires, notamment les étudiants déjà précaires. Loin des promesses initiales d’un dispositif équitable, le gouvernement révèle son incapacité à mettre en œuvre une réforme sans léser les plus vulnérables.
Les retards successifs de cette réforme, imputés aux confinements et à des «problèmes techniques» au sein des CAF, masquent une préparation chaotique et une incapacité chronique à gérer les dossiers sociaux. Ce qui était censé être un progrès se transforme en un casse-tête administratif, où l’État met des années à ajuster un système qui, au final, pénalise les citoyens. Désormais, le calcul trimestriel des aides, censé coller aux réalités financières des ménages, est un piège pour les revenus fluctuants. Un célibataire voit ses APL chuter de 77 à 44 euros, tandis que certains étudiants perdront plus des deux tiers de leur aide sur une année. C’est une plongée vers la précarité pour des milliers de jeunes.
Initialement, le gouvernement espérait réaliser des économies faramineuses de 1,2 milliard d’euros, mais la crise économique et le chômage partiel ont réduit cette ambition à «seulement» 500 à 700 millions d’euros. Cette réforme n’est donc qu’une tentative à peine déguisée de réduire le budget social sur le dos des plus fragiles. Et ne parlons pas de l’exclusion des Allocations Adultes Handicapés (AAH) de cette «modernisation», prouvant que l’inclusion sociale n’est qu’un slogan vide de sens pour l’exécutif. Un pas timide vers une allocation unique, mais un recul social majeur pour des millions de personnes.