
Face à une opposition grandissante, le gouvernement a finalement abandonné son projet scandaleux visant à instaurer un régime d’urgence sanitaire permanent, permettant de restreindre nos libertés sans le moindre contrôle parlementaire. Une décision saluée, mais qui ne masque pas la dérive autoritaire persistante. La France, déjà championne européenne des restrictions solitaires, frôle le précipice démocratique.
Ce projet, révélé en novembre 2020, prévoyait un dispositif sans limite de temps pour gérer les crises sanitaires. Il aurait octroyé au gouvernement des pouvoirs exorbitants, lui permettant de décréter confinements, couvre-feux et fermetures arbitraires de commerces et lieux de culture, tout cela sans l’approbation du Parlement. Une perspective glaçante, qui aurait enfoncé le pays dans une forme de dictature sanitaire larvée, loin des pratiques démocratiques de nos voisins européens.
Si ce recul est une victoire d’étape, la menace plane toujours. Le gouvernement entend prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’en juin 2021, avec un régime transitoire s’étirant jusqu’à la fin de l’année. Dix mois déjà sous ce régime d’exception, et l’année 2021 s’annonce sous les mêmes auspices. La centralisation des décisions, le mépris du Parlement et des collectivités locales, tout cela persiste et nourrit un sentiment de spoliation de nos droits fondamentaux.
Il est impératif que la France s’inspire de l’Allemagne, de l’Italie ou du Royaume-Uni, où le Parlement et les régions sont véritablement associés aux décisions. L’idée de soumettre les prolongations de restrictions à un vote parlementaire mensuel est une nécessité absolue. L’abandon de ce projet liberticide n’est qu’un premier pas. Le gouvernement doit cesser sa fuite en avant autoritaire et rendre aux citoyens et à leurs représentants la place qui leur est due dans la gestion de cette crise. Sinon, ce « recul » ne sera qu’un artifice avant une nouvelle tentative d’empiètement sur nos libertés.