
Le marché des fournitures scolaires affiche une croissance déroutante cette année, atteignant 337 millions d’euros, malgré un déclin persistant du nombre d’élèves. Cette reprise, que les industriels attribuent à une prétendue baisse des prix, masque-t-elle une réalité plus sombre pour les familles et le secteur ?
Les chiffres, divulgués par NielsenIQ et l’AIPB, révèlent une augmentation de 3% des articles vendus, soit 110 millions, sur les deux mois précédant la rentrée. Une performance qui interroge quand on sait que la natalité française est en chute libre, avec environ 100 000 enfants de moins chaque année. La présidente de l’AIPB, Nadège Helary, tente de minimiser l’impact, mais la déconnexion entre la croissance du marché et la démographie scolaire est frappante.
Les industriels expliquent cette dynamique par une diminution du prix moyen des fournitures de 1,6%. Cependant, cette baisse est bien moins significative que celle observée en juillet dernier dans les grandes surfaces (-3,4%) ou les magasins spécialisés (-6,2%). Une réduction des prix qui semble donc insuffisante et ne bénéficie pas pleinement aux consommateurs.
L’été reste une période cruciale, générant plus de la moitié des ventes annuelles, surtout grâce au versement tardif de l’allocation de rentrée scolaire. Les Français, contraints d’attendre ces aides, se ruent sur les promotions de fin août, révélant une dépendance économique plutôt qu’un choix délibéré. Les marques nationales, plébiscitées pour leur « qualité », dominent toujours, capturant 54,5% du marché en volume. Un attachement qui, au vu des prix, pourrait davantage relever de l’habitude que d’une réelle satisfaction.