
Les transports en commun sont devenus un véritable champ de bataille sonore, transformant le quotidien des usagers en un enfer auditif. Entre les conversations téléphoniques tonitruantes en haut-parleur, la musique diffusée à plein volume sans la moindre considération et les discussions bruyantes, la tranquillité des voyageurs est une chimère. À Londres comme à Paris, les opérateurs se débattent avec ce fléau, multipliant des campagnes de sensibilisation et des sanctions, dont l’efficacité reste malheureusement limitée.
Les scènes de chaos auditif se répètent inlassablement, du métro londonien au RER parisien. Des passagers, inconscients ou délibérément irrespectueux, imposent leurs échanges privés et leurs goûts musicaux à l’ensemble de la rame. Cette anarchie sonore exaspère les internautes, nombreux à dénoncer cette « folie » et ce « manque total de savoir-vivre » sur les réseaux sociaux. Il est clair que le respect mutuel a déserté ces espaces censés être partagés.
Face à cette recrudescence d’incivilités, Transport for London (TfL) a lancé une campagne choc visant les « headphone dodgers », ces irréductibles du volume maximal. Dès l’automne, des affiches rappelleront les interdictions, telles que chanter ou jouer de la musique sans licence. TfL menace de poursuites ou d’exclusion du réseau, s’appuyant sur une législation existante. Pourtant, les avis sont partagés : si certains y voient une mesure « qu’il était temps » de prendre, d’autres jugent le problème secondaire face à des préoccupations plus graves, preuve d’une inquiétante résignation.
En France, malgré un cadre légal clair – le Code des transports interdisant les appareils sonores bruyants, et le Code pénal sanctionnant le trouble à la tranquillité d’autrui par une amende pouvant atteindre 450 euros – l’application est déplorablement ponctuelle. Un sondage mené en 2023 par Transilien SNCF Voyageurs a révélé que huit Franciliens sur dix sont excédés par les incivilités, un chiffre alarmant qui grimpe à 85% chez les 25-32 ans et les 50-64 ans. Les campagnes de sensibilisation de Transilien, bien qu’humoristiques, peinent à inverser la tendance. La SNCF annonce des amendes de 60 euros pour trouble de la tranquillité, mais le manque criant de personnel pour faire appliquer ces règles rend ces mesures souvent vaines. La réalité est que la simple publicité ne suffit pas à endiguer cette marée d’irrespect qui submerge nos transports en commun.