
Le scandale éclate à l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Marseille-La Valentine, où la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) réclame la fermeture pure et simple de l’établissement. Les conditions de détention y sont jugées d’une « gravissime » indignité, une situation insoutenable qui nécessite des mesures radicales selon Dominique Simonnot, la contrôleuse générale. Les murs des cellules sont décrits comme « couverts de graffiti, dont la couleur et la texture évoquent parfois de la matière fécale ou du sang », une image choquante qui en dit long sur l’état des lieux. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, tente de désamorcer la crise en annonçant une inspection et des travaux, mais les faits sont là : la dignité des jeunes détenus est bafouée.
Les dysfonctionnements relevés par l’inspection sont accablants et entraînent des « atteintes graves aux droits des adolescents détenus ». L’absence de portes aux salles d’eau, des matelas en piteux état, parfois réduits à un simple morceau de mousse, témoignent d’un délabrement matériel qui confine à l’inhumain. Pire encore, l’administration est accusée de « démobilisation » et d’« absence du personnel pénitentiaire et éducatif », laissant ces jeunes à l’abandon. La pratique dégradante de la « mise en grille », consistant à enfermer des adolescents dans des locaux exigus et insalubres, sans surveillance ni accès à l’eau, est une illustration glaçante de la défaillance systémique. Malgré les promesses du ministre de faire cesser cette pratique « locale », le mal est fait et la confiance est brisée.
La situation alimentaire est également pointée du doigt : des repas frugaux et l’absence de distribution de produits d’hygiène, obligeant les jeunes à les acheter à des tarifs « prohibitifs », ajoutent à leur calvaire. Les étés caniculaires de Marseille sont rendus insupportables par l’interdiction de poser des rideaux et l’accès limité aux ventilateurs. Les syndicats sont unanimes pour dénoncer le manque de personnel et un « management toxique » qui mènent au « surenfermement » et à la privation de scolarité. Pour Marc Hernandez du SNPES-PJJ/FSU, « le ministre porte la responsabilité des dégradations sur les enfants », dénonçant une véritable « maltraitance » sans accompagnement éducatif ni suivi psychiatrique. Les EPM, censés améliorer la prise en charge des mineurs, sont devenus le symbole d’un échec cuisant de l’État.