
La rentrée s’annonce catastrophique à Radio France. Une grève illimitée, déclenchée par une union syndicale sans précédent (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD, UNSA), menace de plonger les antennes publiques dans le silence dès le 25 août. Ce mouvement social, né d’un profond désaccord face aux réformes imposées par Sibyle Veil, la patronne du groupe, pourrait anéantir la rentrée radiophonique et perturber gravement des émissions phares comme la matinale de France Inter.
Les points de discorde sont nombreux et lourds de conséquences. Les syndicats dénoncent l’arrêt pur et simple de la radio Le Mouv’ sur la FM, des modifications éditoriales majeures au sein d’Ici (ex-France Bleu), et, plus grave encore, la suppression d’émissions d’investigation et de reportage. Ces décisions sont perçues comme une dérive dangereuse pour la qualité et la diversité du service public audiovisuel. Malgré des discussions tendues, la direction refuse la moindre concession, laissant présager un conflit long et dévastateur.
Ce bras de fer intervient après une série de grèves qui ont déjà ébranlé le groupe. Fin juin, une première mobilisation massive avait paralysé Radio France, suivie d’une autre contre la réforme de l’audiovisuel public portée par Rachida Dati. Ce projet controversé vise à créer une holding, France Médias, regroupant France Télévisions, Radio France et l’INA. Un texte qui, après un parcours parlementaire chaotique et l’usage de l’arme constitutionnelle du vote bloqué, risque de fragiliser encore davantage l’indépendance et le fonctionnement du service public.
Paradoxalement, ces tensions surviennent alors que Radio France, et notamment France Inter, affiche des records d’audience. Ce succès populaire semble ignoré par une direction inflexible, prête à sacrifier la stabilité et la richesse éditoriale pour des réformes contestées. Les auditeurs, premières victimes de ce conflit, pourraient bientôt se retrouver face à des antennes désertes, privées de leurs programmes habituels. L’avenir de Radio France s’écrit en pointillés, sous la menace d’une crise sans précédent.