
La rénovation énergétique des copropriétés, un véritable casse-tête financier, prend un tournant potentiellement dangereux avec l’introduction de l’emprunt collectif à adhésion automatique. Autrefois, les copropriétaires avaient le choix de l’éco-prêt à taux zéro ou d’un crédit individuel pour leurs travaux. Une flexibilité qui disparaît au profit d’un système qui pourrait bien transformer les syndics en collecteurs de dettes, et les copropriétaires récalcitrants en payeurs forcés.
La loi « habitat dégradé » du 9 avril 2024, vantée comme une solution miracle, impose désormais un emprunt collectif où l’adhésion est la norme. Le syndicat des copropriétaires contracte l’emprunt, et vous y êtes automatiquement inclus, à moins de refuser explicitement et de débourser la totalité de votre quote-part en six mois. Une contrainte lourde qui risque de mettre sous pression de nombreux ménages, déjà étranglés par la hausse du coût de la vie.
Le syndic se retrouve désormais à la croisée des chemins, chargé de la collecte des fonds et du remboursement mensuel à la banque. Une simplification apparente, comme le suggère Yannick Borde du groupe immobilier Procivis, mais qui masque une réalité plus sombre : les échéances du crédit seront intégrées directement dans les charges de copropriété. Une épée de Damoclès pour ceux qui n’avaient ni la volonté ni la capacité financière de s’engager dans de tels travaux. De plus, la loi exige un cautionnement solidaire pour garantir le prêt, transformant ainsi chaque copropriétaire en garant potentiel des défaillances des autres. Un risque financier non négligeable pour des travaux souvent jugés indispensables mais dont le financement reste opaque et contraignant.