
Le Parti socialiste a dévoilé son projet de budget alternatif, promettant une réduction du déficit bien plus lente que prévu par François Bayrou. Avec un objectif de déficit à 5 % du PIB en 2026 et un retour à 2,8 % seulement en 2032, soit trois ans plus tard que la proposition initiale, cette stratégie risque d’aggraver les tensions économiques et de fragiliser davantage les finances publiques. Boris Vallaud, chef des députés socialistes, a dénoncé le « budget de souffrance » du gouvernement, mais la proposition de son parti pourrait bien prolonger cette souffrance.
Parmi les mesures phares, le PS propose la suspension immédiate de la réforme des retraites et un retour à 62 ans, une décision qui, si elle est adoptée, pèserait lourdement sur un système déjà sous pression. L’ajout d’une taxe sur les plus hauts patrimoines et une baisse de la CSG pour les ménages modestes pourraient sembler attrayantes, mais leur impact réel sur l’économie et l’emploi reste incertain. Le parti vise une réduction de l’effort budgétaire par deux par rapport à François Bayrou, soit 21,7 milliards d’euros pour 2026 au lieu de 44 milliards, une démarche qui soulève des interrogations sur la viabilité à long terme de cette approche.
Le plan de financement, présenté comme axé sur la justice sociale, prévoit 14 milliards d’économies, notamment en réduisant les aides aux grandes entreprises et en régulant le système de santé. Toutefois, la principale source de recettes repose sur une « contribution de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros », une taxe qui, bien que ne touchant qu’une infime partie de la population, pourrait décourager l’investissement et provoquer une fuite des capitaux. Les promesses de relance et de soutien aux entreprises pour la transition écologique, d’un montant de 10 milliards d’euros, apparaissent modestes face aux défis actuels.
Boris Vallaud a annoncé des discussions avec les partenaires de gauche, ainsi qu’avec les députés du « front républicain », dans l’espoir de trouver une majorité. Cependant, cette tentative de rassembler autour d’un budget potentiellement irréaliste et risqué pourrait bien se heurter à la dure réalité économique et politique. Le PS, en cherchant à se démarquer, prend le risque de s’isoler et de ne proposer qu’une fausse solution aux problèmes urgents du pays.