
La situation à Gaza, déjà jugée « catastrophique » par une dizaine de ministres des affaires étrangères, dont ceux de la France et du Royaume-Uni, s’aggrave dangereusement. La grave insécurité alimentaire affecte une majorité de la population, et 1,3 million de personnes ont un besoin urgent de logement. Dans un contexte où plus de la moitié des établissements de santé sont hors service, l’appel à un accès sans entrave à l’aide humanitaire lancé à Israël semble avoir été ignoré.
Les autorités israéliennes ont annoncé des mesures drastiques : les ONG qui ne transmettront pas la liste de leurs employés palestiniens d’ici mercredi se verront interdire d’opérer à Gaza en 2026. Cette décision, officiellement motivée par des accusations de liens avec des organisations terroristes, notamment contre Médecins sans frontières (MSF), risque de paralyser l’action de 15 % des organisations humanitaires présentes sur place.
Le ministère de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme a précisé que les ONG refusant de se plier à cette exigence verront leurs licences annulées dès le 1er janvier 2026 et devront cesser toute activité d’ici le 1er mars 2026. Des accusations graves sont portées contre MSF, affirmant que l’ONG a employé des individus liés au Jihad islamique palestinien et au Hamas. MSF, contactée par l’AFP, a démenti employer sciemment des personnes engagées dans des activités militaires et poursuit le dialogue avec Israël.
Outre MSF, une trentaine d’autres organisations sont menacées, parmi lesquelles Action contre la faim, Médecins du monde et Oxfam. Ces nouvelles procédures, en place depuis mars, avaient déjà conduit au rejet de 14 demandes d’enregistrement fin novembre. Malgré les assurances du ministère selon lesquelles 99 % de l’aide ne serait pas affectée, la crise humanitaire qui menace les 2,2 millions d’habitants de Gaza est loin d’être résolue, et ces restrictions ne feront qu’aggraver leur sort.






