
Face à une colère agricole grandissante, le gouvernement français, en pleine déroute, tente un coup de bluff désespéré. Le Premier ministre annonce une interdiction d’importation de produits sud-américains contenant des résidus de substances déjà bannies en Europe. Une mesure dérisoire et tardive, qui sonne comme un aveu d’échec face à l’imminence du traité du Mercosur. C’est une tentative piteuse de calmer la fronde des agriculteurs, sans vraiment s’attaquer au fond du problème.
Dès les prochains jours, un arrêté devrait donc bloquer les importations d’avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes, entre autres, si ces produits contiennent du mancozèbe, du glufosinate, du thiophanate-méthyl ou du carbendazime. Une « brigade spécialisée » est même annoncée pour des contrôles renforcés, mais l’efficacité de cette initiative est déjà mise en doute. Que se passera-t-il si ces produits transitent par un autre pays européen moins regardant ? Le contournement semble déjà évident pour les observateurs.
La ministre de l’Agriculture, visiblement en porte-à-faux, a déjà tenté d’activer une mesure conservatoire. Mais elle l’a concédé elle-même, Bruxelles devra se prononcer, ce qui laisse entrevoir un énième bras de fer perdu d’avance. Cette annonce ressemble davantage à un écran de fumée qu’à une véritable stratégie. Les agriculteurs sont loin d’être dupes : l’impact sur leurs revenus sera minime, les produits ciblés ne représentant qu’une infime partie de la concurrence qu’ils dénoncent.
Cette manœuvre gouvernementale ne fait que souligner l’impuissance de la France face à la machine européenne et à un accord commercial que beaucoup jugent désastreux. L’interdiction, si elle est maintenue, ne sera qu’une goutte d’eau dans l’océan des problèmes que l’agriculture française est contrainte d’affronter, et les consommateurs risquent d’en payer le prix, sans réelle garantie sanitaire. Une farce politique qui ne trompe personne et qui aggrave la méfiance envers les dirigeants.






