
Le 19 décembre 2025, le porte-conteneurs Sebarok de Maersk a péniblement franchi le canal de Suez, marquant un retour éphémère après une interruption qui a dévasté le trafic maritime mondial. Cette tentative de reprise, la première depuis décembre 2023, révèle la gravité de la situation et l’incapacité des acteurs à garantir la sécurité d’un axe vital. Les attaques incessantes des rebelles houthistes du Yémen contre les navires occidentaux ont transformé ce passage stratégique en une zone de non-droit, un symptôme flagrant de l’instabilité régionale.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2023 et 2024, le nombre de porte-conteneurs dans le canal de Suez a chuté de près de 90 %, et le trafic global a été réduit de moitié, selon l’Autorité du canal de Suez. Ces données ne sont pas de simples statistiques, elles représentent un désastre économique aux conséquences mondiales. Malgré des cessez-le-feu en mai et octobre 2025, qui laissaient espérer une amélioration, les armateurs restent prudents, voire frileux, à l’idée de reprendre une route si dangereuse.
Le détour par le cap de Bonne-Espérance allonge les trajets de onze jours, engendrant des coûts faramineux et des retards insoutenables pour l’économie globale. La route la plus directe entre l’Asie et l’Europe reste un mirage, et cette situation met en lumière la fragilité de nos chaînes d’approvisionnement. Le passage de Suez, autrefois symbole de progrès, est désormais un rappel constant des risques géopolitiques qui menacent le commerce international et de l’échec collectif à les résoudre.






