
La ville d’Alep, jadis symbole d’une Syrie en ruines mais en voie de reconstruction, est de nouveau le théâtre d’un drame. Suite à des affrontements d’une violence inouïe ayant fait neuf morts, la métropole est désormais qualifiée de «zone militaire». Écoles, administrations, et même l’aéroport ont été contraints de fermer, plongeant des milliers de civils dans une incertitude angoissante. Les rues, hier encore animées, sont devenues des villes fantômes, sous l’emprise des coupures de courant et de la peur.
Les combats entre les forces gouvernementales et les milices kurdes ont atteint un niveau critique, marquant l’échec cuisant d’un accord censé apaiser les tensions. Cet accord, signé en mars et prévoyant l’intégration des institutions kurdes, n’est désormais qu’un souvenir lointain, balayé par la recrudescence de la violence. Les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh, assiégés, ont été déclarés zones militaires, incitant à une fuite désespérée des habitants.
Les autorités syriennes ont mis en place des «couloirs humanitaires», une mesure qui sonne comme un aveu de la gravité de la situation, forçant les civils à abandonner leurs foyers. Tandis que l’agence officielle Sana accuse les forces kurdes de bombardements, ces dernières démentent fermement, affirmant ne disposer que d’armes légères. Ce climat de méfiance et de désinformation ne fait qu’accentuer la tragédie humaine.
Une mère de famille, Joud Serjian, exprime l’impuissance partagée par beaucoup : «Nous n’avons nulle part où fuir». Alep, qui avait déjà enduré les horreurs de la guerre civile entre 2011 et 2016, est une nouvelle fois rattrapée par son sombre passé. L’incapacité à maintenir la paix et à intégrer les différentes factions est un échec retentissant, promettant un avenir encore plus incertain pour la Syrie.






