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Bruno Retailleau propose de réformer en profondeur les 35 heures et de remplacer le RSA par un RIA conditionné. Des mesures chocs qui pourraient accentuer la précarité en France.

Bruno Retailleau, président des Républicains, dévoile des propositions économiques choc qui risquent de faire grincer des dents. Son ambition ? Rompre avec un « modèle à bout de souffle » et le « social-étatisme » qu’il fustige depuis des mois. Attendez-vous à un programme qui pourrait bien secouer votre quotidien, car le travail et les aides sociales sont directement dans sa ligne de mire.

Le sénateur LR propose ni plus ni moins de détricoter les 35 heures. Il promet des gains pour les salariés et une baisse des coûts pour les entreprises, mais à quel prix pour la flexibilité et la qualité de vie au travail ? L’idée d’une annualisation du temps de travail et de 16 heures supplémentaires non imposables pourrait ressembler à un cadeau empoisonné, poussant à travailler plus sans garantie de reconnaissance équitable.

Mais là où Retailleau frappe le plus fort, c’est sur les aides sociales. Le RSA, la prime d’activité et l’ASS seraient remplacés par un « revenu d’incitation à l’activité » (RIA). Si l’aide reste « généreuse », elle serait conditionnée à 15 heures d’activité hebdomadaire. Une mesure qui, sous couvert d’incitation à l’emploi, pourrait bien plonger de nombreux bénéficiaires dans la précarité si les opportunités ne suivent pas. L’objectif avoué est de « creuser un écart entre les revenus du travail et ceux de la solidarité », quitte à sacrifier les plus vulnérables.

Cerise sur le gâteau de cette politique de rigueur : la fusion des aides dans un « compte social unique » plafonné à 70% du SMIC. Sans oublier le durcissement de l’assurance-chômage, avec des sanctions accrues pour les refus d’offres d’emploi. Ce projet, qualifié de « solide et audacieux » par son auteur, semble surtout taillé pour fragiliser davantage une partie de la population française, sous prétexte de redresser une économie qui, selon lui, « dévalue le travail » depuis 40 ans. Un pari risqué qui promet des tensions sociales inévitables.