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Trente ans après sa mort, des archives révèlent que François Mitterrand a tenté en 1945 de devenir Compagnon de la Libération, essuyant un double refus de de Gaulle. Un passé trouble et une quête de légitimité inaboutie.

Trente ans après sa mort, le voile se lève sur une facette méconnue et potentiellement embarrassante de François Mitterrand. L’ancien président, connu pour son animosité envers le général de Gaulle et son passé trouble sous Vichy, aurait secrètement tenté en 1945 d’intégrer le cercle très fermé des Compagnons de la Libération.

Cette révélation, exhumée par l’historien Géraud Létang lors d’un récent colloque, met en lumière une ambition démesurée. Mitterrand, alors perçu comme un résistant de la dernière heure et un ancien pétainiste, cherchait visiblement à solidifier son statut politique naissant par une légitimité héroïque. Une démarche osée, voire culottée, qui s’est heurtée à un refus cinglant de Charles de Gaulle, et ce, à deux reprises.

L’Institut François Mitterrand salue cette « lucidité » historique, mais cette tentative ratée soulève des questions sur la quête incessante de reconnaissance de l’homme de Jarnac. Était-ce une réelle aspiration à l’honneur ou une manœuvre opportuniste pour effacer un passé encombrant ? Cette anecdote, longtemps enfouie dans les archives, révèle les stratagèmes complexes et parfois désespérés des figures politiques pour se construire une image inattaquable, quitte à forcer les portes d’une institution aussi symbolique que les Compagnons de la Libération.

Cet épisode jette une ombre supplémentaire sur la complexité d’un personnage qui n’a jamais réellement livré tous ses secrets, même des décennies après sa disparition. La mémoire historique, même la plus dérangeante, continue de nous interpeller sur les compromissions et les ambitions des figures qui ont marqué l’histoire de France.