
La situation dégénère à Alep, où l’armée syrienne a violemment pilonné les quartiers kurdes, ravivant un conflit qui semblait s’apaiser. Ces affrontements, les plus graves depuis longtemps, ont déjà poussé des milliers de Kurdes à fuir, transformant la ville en un nouveau théâtre de désolation. Le rêve d’une entente avec Damas semble s’éloigner inexorablement, menaçant de plonger la région dans une instabilité encore plus grande.
Les conséquences sont déjà dramatiques : commerces, écoles et universités fermés, aéroport hors service et un couvre-feu imposé. Le bilan humain s’alourdit, avec au moins 21 morts, et ce n’est probablement qu’un début. L’échec de l’accord de mars, censé intégrer les Forces démocratiques syriennes (FDS) à l’État syrien, est une véritable catastrophe, soulignant l’incapacité des parties à trouver une solution durable. Mazloum Abdi, chef des FDS, ne peut que déplorer ces attaques qui «sapent les chances de parvenir à une entente».
Les bombardements intenses sur Achrafieh et Cheikh-Maqsoud, rapportés par l’agence SANA, confirment la brutalité de l’offensive. Des combats acharnés continuent de faire rage, illustrant la violence d’une guerre civile qui ne semble jamais vouloir prendre fin. Les «couloirs humanitaires» mis en place ne sont qu’un maigre pansement sur une hémorragie, des dizaines de milliers de civils cherchant désespérément à fuir une ville en proie au chaos. La responsabilité de cette flambée de violence est bien sûr rejetée par les deux camps, chacun accusant l’autre d’avoir initié les hostilités.
L’analyste Aron Lund met en garde contre une escalade désastreuse, craignant un conflit total Damas-FDS. Une telle tournure des événements, avec une potentielle implication de la Turquie et d’Israël, serait dévastatrice pour la stabilité déjà précaire du pays. Washington, qui suit la situation avec une «vive inquiétude», appelle à la retenue, mais ces appels semblent bien faibles face à la fureur des combats. La rivalité entre Israël et la Turquie, exacerbée par la chute de Bachar Al-Assad, ajoute une couche de complexité à cette poudrière, chacun cherchant à tirer son épingle du jeu aux dépens de la population syrienne. Les manifestations en soutien aux Kurdes en Turquie et la condamnation par Israël des attaques syriennes ne suffiront pas à calmer le jeu.






