
L’accord de libre-échange Mercosur, véritable épée de Damoclès pour l’agriculture française, soulève une vague de colère et révèle l’impuissance de la France face à une Union Européenne inflexibile. Malgré les manifestations massives et le soutien affiché de la classe politique, l’ombre d’une approbation plane, menaçant de sacrifier les éleveurs et producteurs français sur l’autel du commerce international.
Les scènes de tracteurs sur le périphérique parisien témoignent d’une exaspération grandissante. Tandis que Yaël Braun-Pivet exprime un soutien de façade, les actions de blocage se multiplient, annonçant un bras de fer inévitable. Les promesses du ministre du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, concernant des «avancées» et une «clause de sauvegarde», sonnent creux face à l’imminence d’un accord jugé catastrophique pour les filières bovines, avicoles, le miel, le sucre et l’éthanol.
L’argument selon lequel l’accord «ne serait pas applicable demain» et passerait par le Parlement européen puis la Cour de justice de l’UE, ressemble à une tentative désespérée de gagner du temps. Pendant ce temps, l’opposition du Rassemblement National, bien que qualifiée de «populiste», met en lumière la frustration grandissante face à un gouvernement perçu comme incapable de défendre réellement les intérêts nationaux. L’appel d’Intermarché à la responsabilité des acheteurs souligne l’hypocrisie d’une situation où la France, première puissance agricole, est contrainte d’assister impuissante au démantèlement de son modèle.
Ce dossier Mercosur apparaît comme un cuisant échec diplomatique pour Emmanuel Macron. Son incapacité à rallier suffisamment d’États membres contre l’accord démontre une isolation alarmante au sein des Vingt-Sept. Alors que l’Espagne et l’Allemagne se montrent très favorables, la France, la Pologne, la Hongrie, l’Irlande et l’Autriche semblent impuissantes à infléchir la balance. L’adoption de ce traité marquerait un tournant sombre, confirmant les craintes d’une Europe éloignée des réalités de ses citoyens, sacrifiant sa souveraineté alimentaire et son agriculture pour des bénéfices commerciaux douteux.






