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Benoît Payan, maire de Marseille, annonce sa candidature en solo, bousculant l'unité du Printemps marseillais et soulevant des doutes sur l'avenir de la gauche. Ses bilans et promesses peinent à rassurer.

Le Printemps marseillais, autrefois symbole d’une union citoyenne et écologiste, semble avoir perdu de son éclat. Six ans après une victoire collective, Benoît Payan, maire divers gauche, opte pour une candidature solitaire, annoncée dans une lettre et une conférence de presse au cœur de Marseille. Cette stratégie contraste fortement avec l’élan collectif initial, soulevant des interrogations sur la cohésion de la gauche marseillaise. Le souvenir de l’union passée, où la question du leadership était reléguée au second plan, semble bien lointain.

À 47 ans, l’ancien socialiste se positionne comme le chef incontesté, cherchant à maintenir une coalition qui, malgré les apparences, pourrait être fragilisée par cette démarche individuelle. Alors que les militants se contentent de coller des affiches, l’ombre de la division plane sur ce qui fut jadis une force unie. Les promesses de « remettre la ville sur les bons rails » résonnent, mais la méthode choisie par Payan interroge sur la véritable capacité à fédérer.

Le bilan avancé par le maire sortant – désendettement, transition écologique, éducation, social, et même sécurité avec un doublement des effectifs de police municipale – est présenté comme une série de succès. Pourtant, derrière les chiffres (5 000 logements réhabilités, 525 places d’hébergement d’urgence), la reconnaissance d’« encore de grandes choses à accomplir » sonne comme un aveu de la persistance de problèmes majeurs. Cette rhétorique, entre triomphalisme et modestie forcée, ne masque pas les défis colossaux qui attendent Marseille, une ville encore rongée par les inégalités et les difficultés. L’avenir de la gauche marseillaise, face à cette nouvelle dynamique, apparaît plus incertain que jamais.