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La grève des médecins libéraux s'intensifie, menaçant de paralyser les blocs opératoires. Le refus du dialogue du gouvernement accentue une crise déjà profonde dans un système de santé à l'agonie.

La mobilisation des médecins libéraux prend une tournure alarmante, promettant un véritable chaos dans les services de santé. Après une manifestation déjà tendue, le mouvement s’apprête à paralyser des dizaines de blocs opératoires de cliniques privées dès lundi, mardi et mercredi. Une situation désastreuse qui met en péril l’accès aux soins et la sécurité des patients.

Les syndicats ont purement et simplement rejeté la main tendue – ou plutôt le simulacre de dialogue – de la ministre de la Santé. Ils dénoncent avec force des politiques gouvernementales qui non seulement les « piétinent », mais qui semblent déterminées à détruire le système de santé tel que nous le connaissons. Le budget de la Sécurité sociale pour 2026, jugé insuffisant, et des mesures visant à contourner les négociations conventionnelles ne sont que quelques exemples de cette offensive politique. Le gouvernement, loin d’apaiser les tensions, semble jeter de l’huile sur le feu.

L’exigence d’une rencontre avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de la part de l’Union française pour une médecine libre (UFML) souligne l’ampleur du désaveu. Si même une mobilisation « historique » n’arrive pas à faire bouger les lignes, c’est que le mépris envers la profession atteint des sommets. Pendant ce temps, les services d’urgence, déjà submergés par la grippe et les accidents liés aux intempéries, subissent de plein fouet les conséquences de cette grève, avec une baisse d’activité alarmante chez les généralistes et les spécialistes.

Le geste symbolique de 2 000 médecins de bloc opératoire s’exilant à Bruxelles illustre le désespoir qui gagne la profession. Malgré quelques concessions minimes arrachées aux forceps, le gouvernement persiste avec des mesures dangereuses, comme la fixation unilatérale des tarifs des actes médicaux ou la menace de régulation de l’installation. C’est une attaque directe contre la liberté des praticiens et, in fine, contre la qualité des soins que les Français sont en droit d’attendre. La crise sanitaire pourrait bien s’aggraver, faute d’une véritable prise de conscience politique.