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L'échec du cessez-le-feu à Alep révèle une violence persistante entre le gouvernement syrien et les Kurdes, faisant des dizaines de milliers de déplacés et remettant en question la stabilité régionale.

La ville d’Alep est de nouveau plongée dans le chaos, balayée par une violence inouïe malgré l’annonce d’un cessez-le-feu éphémère. Les affrontements entre le gouvernement syrien et les forces kurdes dans le quartier de Cheikh-Maqsoud persistent, coûtant la vie à au moins 21 civils depuis mardi. L’armée a repris ses bombardements, défiant tout espoir de paix, alors que les combattants kurdes refusent catégoriquement d’évacuer leurs positions. Cette situation critique a déjà contraint des dizaines de milliers de civils à une fuite désespérée, l’ONU estimant à 30 000 le nombre de familles déplacées face à cette escalade sangl’est sanglante.

Le soi-disant cessez-le-feu, annoncé avec fracas vendredi matin, n’aura été qu’une façade cynique. Les autorités syriennes avaient pourtant promis l’évacuation des combattants kurdes vers la zone autonome du nord-est, allant même jusqu’à acheminer des cars. Mais les Kurdes, rejetant toute idée de « reddition », ont affirmé leur détermination à défendre leurs quartiers coûte que coûte. En réponse, l’armée syrienne a annoncé la reprise des bombardements sur des « sites militaires », exhortant les habitants à s’éloigner des zones ciblées. Des rapports de l’AFP confirment des tirs d’artillerie lourde et des bombardements tard dans la soirée, signant le retour à une guerre sans merci.

Le bilan s’alourdit avec la mort de trois soldats syriens, victimes des tirs kurdes, tandis que l’armée prépare des « opérations de ratissage » à Cheikh-Maqsoud. Pendant de brèves heures, des « couloirs humanitaires » ont été ouverts, permettant à des civils, sous une pluie battante et chargés de leurs maigres biens, de fuir l’horreur. Cependant, le quartier reste la cible de violents bombardements, tandis que la télévision syrienne accuse les Kurdes d’utiliser des drones contre des quartiers résidentiels. Le ministère français des Affaires étrangères a lancé un appel désespéré à un retour au cessez-le-feu et à l’aide humanitaire, un vœu pieux face à la brutalité des affrontements.

Ces violences, les plus graves depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, exposent la fragilité d’un régime qui avait promis protection aux minorités. Les massacres d’Alaouites et les tensions avec les Druzes montrent une Syrie loin de la stabilité. L’accord d’intégration entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) semble désormais un lourd échec, comme le souligne Nanar Hawach de l’International Crisis Group, craignant une escalade vers des formes plus coercitives. Les remerciements des Kurdes envers les États-Unis et l’intervention de la Turquie, qui « salue » l’opération syrienne, ne font qu’accentuer la complexité et le désespoir d’une situation inextricable où les civils sont les premières victimes d’un conflit sans fin.