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Les stations de ski françaises sont prises entre le soulagement et l'inquiétude. Malgré les chutes de neige tardives, les risques d'avalanches augmentent et les conditions météorologiques imprévisibles menacent l'avenir du tourisme de montagne.

Après des semaines de disette, la neige fait un retour spectaculaire, mais non sans heurts, sur les massifs français. Un soulagement teinté d’inquiétude pour les stations, qui doivent désormais gérer un afflux massif et des risques accrus. Si certains crient victoire face à l’arrivée tardive des flocons, d’autres redoutent les conséquences d’un manteau neigeux instable et des conditions météorologiques imprévisibles.

Les chutes de neige, abondantes, atteignent jusqu’à un mètre dans les secteurs les plus élevés du Mont Blanc. À Val d’Isère, soixante centimètres sont tombés en une nuit, transformant le paysage mais déclenchant un branle-bas de combat. Le Plan d’Intervention pour le Déclenchement des Avalanches (PIDA) a été activé, et Météo France classe la majorité du massif en risque 4 sur 5. La directrice de l’office de tourisme de Val d’Isère souligne les dangers : un passage brutal de -22°C à zéro degré déstabilise le manteau neigeux, rendant la situation extrêmement précaire.

Malgré l’euphorie ambiante à La Plagne ou Font-Romeu, où l’on se frotte les mains en prévision d’une saison faste, la réalité est plus complexe. Au Semnoz, près d’Annecy, l’absence de neige naturelle malgré les basses températures est une amère déception. Frédérique Lardet, présidente du Grand Annecy, déplore un manque cruel de chance et des aléas météorologiques qui compliquent la tâche des stations. « On a jamais le ‘en même temps’ », confie-t-elle, pointant du doigt des précipitations qui lessivent rapidement les chutes de neige ou des températures extrêmes, soit trop chaudes, soit trop froides.

Cet hiver incertain met en lumière la vulnérabilité des stations face aux changements climatiques. Si la neige est enfin là, elle s’accompagne de son lot de défis, de la gestion des risques d’avalanches à la déception des stations moins favorisées. Un constat alarmant qui soulève des questions sur l’avenir du tourisme de montagne dans un contexte de plus en plus imprévisible.