Farmer-protest-police
Lionel Candelon, leader de la Coordination rurale, a été arrêté à Toulouse pour "entrave à la circulation" suite à une manifestation interdite. La tension monte.

La tension monte d’un cran dans le bras de fer opposant le gouvernement aux agriculteurs. Lionel Candelon, figure emblématique de la Coordination rurale (CR) et président de la Chambre d’agriculture du Gers, a été interpellé et placé en garde à vue à Toulouse. Son crime ? Avoir défié un arrêté préfectoral interdisant toute manifestation, transformant une colère légitime en un acte de rébellion sévèrement réprimé. Cette arrestation, jugée « scandaleuse » par ses pairs, met en lumière le traitement jugé inacceptable réservé aux agriculteurs français, loin du « tapis rouge » déroulé à d’autres.

Les faits sont accablants : alors que la préfecture de Haute-Garonne avait formellement interdit tout rassemblement et circulation de tracteurs, M. Candelon et ses troupes ont bravé l’interdit. Leur audace a mené à un blocage sur un rond-point menant à l’aéroport de Toulouse, un acte de désespoir face à un gouvernement qui semble sourd à leurs revendications depuis des mois. L’arrestation, menottes aux poignets, est perçue comme une provocation inacceptable, alimentant la détermination des manifestants à ne rien lâcher tant que leurs collègues ne seront pas libérés.

La situation dégénère. « On est traités comme des malpropres », s’indigne un porte-parole, comparant la répression toulousaine aux approches plus conciliantes ailleurs. L’État, au lieu d’apporter des réponses concrètes aux problèmes du monde agricole, choisit la voie de la confrontation, multipliant les interpellations et les verbalisations. Pendant ce temps, les agriculteurs déversent pneus et paille sur l’A64, transformant la frustration en blocages et chaos. La levée du barrage emblématique de Carbonne, après un mois d’occupation, ne fait que confirmer une triste réalité : la force prime sur le dialogue, laissant un goût amer d’échec et de mépris pour une profession essentielle à la nation.