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Sébastien Lecornu est pris au piège : utiliser le 49.3 et renier sa parole, ou passer par ordonnances et s'attirer les foudres de l'opposition. Un choix désastreux pour le gouvernement.

Le gouvernement, plongé dans une crise budgétaire sans précédent, se trouve acculé face à un dilemme aux conséquences potentiellement dévastatrices. Sébastien Lecornu, tiraillé entre ses promesses et la dure réalité parlementaire, doit choisir entre deux issues également périlleuses pour faire adopter le projet de loi de finances. L’échéance de fin de mois approche à grands pas, et l’absence d’une majorité stable ne laisse aucune marge de manœuvre, révélant la profonde faiblesse de l’exécutif.

La première option, les ordonnances budgétaires, représente un pari risqué. En s’appuyant sur l’article 47 de la Constitution, le gouvernement pourrait contourner l’Assemblée, une manœuvre qui ne manquerait pas d’alimenter les critiques sur le déni démocratique. Cette voie, bien que constitutionnellement permise si les délais parlementaires sont dépassés, serait perçue comme un aveu d’impuissance et un mépris du débat parlementaire, affaiblissant davantage la légitimité des décisions prises.

L’autre alternative, le recours au 49.3, est tout aussi toxique. Lecornu avait juré de ne pas y avoir recours, et se dédire aujourd’hui serait une humiliation politique majeure. Non seulement cela entacherait sa crédibilité, mais cela offrirait également aux oppositions une occasion rêvée de dénoncer un reniement et une dérive autoritaire. Ce choix, quelle que soit l’issue, laissera des cicatrices profondes sur la confiance des citoyens envers leurs dirigeants, et souligne l’incapacité chronique du gouvernement à obtenir un consensus.

Quelle que soit la voie empruntée, le gouvernement s’enfonce dans une impasse. L’une ou l’autre de ces options promet d’engendrer une vague de contestation et d’indignation, démontrant l’ampleur du désarroi politique actuel. La situation budgétaire est un miroir des tensions et des divisions qui minent notre pays, sans qu’aucune solution viable ne semble émerger de ce chaos.