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Les victimes de l'incendie de Crans-Montana pourraient bénéficier d'un traitement expérimental à base d'un ver marin, soulevant des questions éthiques et scientifiques.

Le tragique incendie de Crans-Montana laisse derrière lui des victimes dont la souffrance est loin d’être terminée. Tandis que l’attention médiatique s’est parfois égarée sur des détails futiles, un traitement pour le moins insolite suscite autant d’espoir que d’interrogations : l’utilisation d’une molécule issue d’un ver marin pour soigner les grands brûlés. Le CHUV serait sur le point de recevoir ce traitement expérimental, laissant planer l’ombre d’une médecine de la dernière chance, loin des protocoles habituels.

Développée par des chercheurs français, cette approche repose sur l’hémoglobine de l’Arenicola marina, un ver capable de stocker des quantités d’oxygène bien supérieures à celles de l’hémoglobine humaine. Le Dr Franck Zal et son équipe ont intégré cette molécule dans un gel censé diffuser de hautes doses d’oxygène aux plaies, favorisant ainsi une meilleure cicatrisation. Cependant, l’étiquette «expérimental» et le terme «usage compassionnel» ne manquent pas de soulever des questions. S’agit-il d’une avancée salvatrice ou d’une expérimentation clinique hâtive, où la détresse des victimes justifierait des raccourcis réglementaires ?

Les commentaires sur cette affaire sont éloquents. Certains déplorent que les victimes de Crans-Montana doivent endurer un tel calvaire, tandis que d’autres s’interrogent sur la légitimité d’un tel «usage compassionnel» sans validation clinique rigoureuse. La prudence est de mise face à ces innovations qui, malgré leurs promesses, peuvent receler des risques inconnus. Le recours à ce traitement soulève un débat crucial sur l’éthique médicale et la gestion de l’urgence face à des souffrances extrêmes, interrogeant la frontière entre innovation et précipitation.