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Le "conseil de la paix" de Donald Trump choque : les États devront débourser plus d'un milliard de dollars pour un siège permanent, remettant en question la crédibilité d'une diplomatie monétisée et inégalitaire. Une initiative alarmante.

Le projet de « conseil de la paix » imaginé par Donald Trump révèle une vision du monde où la diplomatie s’achète à prix d’or. Pour siéger de manière permanente dans cette nouvelle instance, les nations devront débourser plus d’un milliard de dollars en espèces. Une exigence sidérante qui soulève de sérieuses questions sur la nature de cette organisation censée promouvoir la paix et la stabilité. L’idée même de monétiser l’accès à une instance diplomatique majeure est profondément troublante et pourrait transformer la géopolitique en un simple marché où seuls les plus riches ont voix au chapitre.

Le projet de charte, obtenu par l’AFP, stipule que les États membres qui s’acquittent de cette somme colossale bénéficient d’un mandat illimité, contrairement aux autres, contraints à des mandats de trois ans, renouvelables au bon vouloir du président. Cette disposition scandaleuse confère un avantage inadmissible aux nations les plus fortunées, créant une inégalité flagrante au sein d’une structure qui prétend rétablir une « gouvernance fiable et légitime ».

Dès le préambule, le texte n’hésite pas à écorner les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », une critique à peine voilée des Nations unies. Trump se positionne ainsi en fossoyeur de l’ordre mondial établi, promettant une organisation plus « agile et efficace », mais dont les fondations reposent sur une logique financière des plus cyniques. Cette vision déshumanisée de la paix, où l’argent prévaut sur les principes, menace de saper toute crédibilité à cette initiative.

Les pouvoirs démesurés accordés à Donald Trump, désigné comme le « premier président » de ce conseil, renforcent les inquiétudes. Il serait seul habilité à inviter des chefs d’État, à révoquer leur participation, et posséderait un droit de regard sur tous les votes. Une concentration de pouvoir dangereuse, susceptible de transformer cette instance en un simple instrument au service de ses intérêts. L’utilisation des fonds récoltés pour la reconstruction de la bande de Gaza, évoquée par Bloomberg, bien que louable en apparence, ne suffit pas à masquer les dérives potentielles d’un tel système.

Si des pays comme la Hongrie, le Vietnam et la Russie ont déjà répondu favorablement à cette invitation, la France et d’autres nations expriment des réserves légitimes. L’attachement à la Charte des Nations unies et aux principes du multilatéralisme est un rempart essentiel face à cette tentative de privatisation de la paix. Les critiques, notamment celles du ministre israélien Bezalel Smotrich, soulignent le caractère désavantageux de ce plan. Ce « conseil de la paix » semble être davantage un nouveau terrain de jeu pour les puissants et les plus offrants qu’une véritable solution aux maux du monde, risquant de fragiliser encore davantage la stabilité internationale.