
Le ministère de la défense syrien a annoncé un cessez-le-feu de quatre jours avec les Kurdes, une trêve fragile qui sonne le glas de leurs aspirations. Malgré des échecs répétés par le passé, cette nouvelle tentative intervient après une « entente » forcée sur le sort de leur bastion de Hassaké, où l’armée syrienne, étrangement, n’entrera pas dans les localités kurdes. Une concession amère pour les forces kurdes qui, contraintes par la pression militaire, ont dû céder Rakka et Deir ez-Zor.
L’accord, finalisé entre Ahmed Al-Charaa et le chef kurde Mazloum Abdi, marque un coup dur pour l’autonomie kurde. Après des années de lutte et la création d’une zone autonome, l’intégration des institutions civiles et militaires kurdes à l’État syrien est désormais inévitable. Une capitulation déguisée sous la bannière d’un « État syrien unifié », où les droits longtemps refusés sous Bachar Al-Assad sont promis sans réelle garantie.
Les États-Unis, par la voix de Tom Barrack, minimisent les risques, évoquant une « voie vers une intégration complète » tout en admettant les nombreux dangers. Le maintien du cessez-le-feu reste incertain, les affrontements sporadiques sont une réalité et les extrémistes menacent toujours. Derrière les belles paroles de réconciliation, la réalité est que les États-Unis cherchent surtout à se désengager, laissant Damas prendre le relais pour la sécurité et la gestion des camps de prisonniers de l’EI, un fardeau que les Kurdes géraient jusqu’à présent.
Mazloum Abdi, chef des FDS, avait d’ailleurs déjà interpellé la coalition internationale pour qu’elle assume ses responsabilités dans la sécurisation de ces camps, signe d’une situation intenable. Les Kurdes, repliés dans leurs zones majoritairement kurdes, se retrouvent désormais sous la coupe d’un régime qu’ils ont combattu, avec pour seule promesse une « intégration pacifique » qui ressemble plus à une absorption forcée qu’à une véritable reconnaissance de leurs droits. Le rêve d’autonomie kurde semble, pour l’heure, brutalement enterré.







