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La veuve du chah, Farah Pahlavi, croit à une victoire iranienne, mais son exil doré et le passé de son mari soulèvent des questions critiques sur sa légitimité à s'exprimer.

Face à la révolte sanglante en Iran, Farah Pahlavi, veuve de l’ancien chah, persiste à croire en une victoire du peuple, une affirmation qui sonne creux pour beaucoup. Quittant son pays en 1979 lors de la Révolution islamique, elle exprime aujourd’hui son « désir » et son « besoin » de retourner en Iran. Une aspiration qui contraste étrangement avec les réalités brutales que vivent les Iraniens sous le régime actuel.

Son discours, teinté d’un certain décalage, minimise son propre sort pour mieux glorifier la lutte de la jeunesse. Cependant, nombreux sont ceux qui rappellent que la famille Pahlavi a été chassée pour des raisons légitimes. La répression sous le règne de son époux, le chah, a laissé des cicatrices profondes, dont l’Iran porte encore les marques. Les critiques fusent, questionnant la légitimité de cette voix lointaine à s’exprimer sur une situation aussi complexe, après des décennies passées dans un exil confortable entre Paris et les États-Unis.

Alors que la mobilisation populaire, débutée en décembre par des préoccupations économiques et intensifiée en janvier, a été étouffée dans le sang, avec des milliers de morts et de blessés selon les ONG, les promesses d’une transition démocratique par son fils, Reza Pahlavi, semblent bien lointaines. Le soutien international, que Farah Pahlavi appelle de ses vœux, reste pour l’instant une chimère. La situation en Iran est un rappel brutal que les illusions d’un retour triomphal sont souvent confrontées à une réalité bien plus sombre et douloureuse.