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La prolongation de la trêve en Syrie pour le transfert des détenus de l'État islamique vers l'Irak suscite l'inquiétude quant à la sécurité régionale.

La Syrie prolonge une trêve fragile avec les forces kurdes, un arrangement qui soulève de sérieuses questions quant à la gestion des détenus de l’État islamique. Cette extension de 15 jours, annoncée par le ministère de la Défense syrien, prétend faciliter un transfert orchestré par les États-Unis de ces jihadistes vers l’Irak. Une manœuvre qui, loin de rassurer, sème le doute sur la véritable stratégie de déradicalisation et de sécurité régionale.

L’accord, prolongé au-delà de son terme initial, a déjà permis la libération controversée de 126 mineurs détenus à la prison d’Al-Aqtan. Des images de la télévision d’État montrant des foules accueillant ces jeunes libérés alimentent l’inquiétude : s’agit-il d’une véritable réintégration ou d’un risque accru pour la stabilité future ? L’opacité des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui n’ont fait aucun commentaire, ajoute à l’incertitude générale.

La pression militaire de Damas a contraint les FDS à céder des territoires significatifs et à se retirer de zones clés, notamment dans la province de Hassaké. Cette situation a conduit à un transfert des gardiens kurdes de prison vers Kobané, laissant l’administration de ces établissements, et par extension la responsabilité des prisonniers de l’EI, aux mains du ministère de l’Intérieur syrien. Un changement de garde qui, malgré les annonces officielles, soulève des craintes quant à la capacité du régime à contenir efficacement cette menace.

L’intégration de l’administration autonome kurde au sein de l’État syrien, annoncée par le président Ahmad al-Chareh, marque une étape décisive mais potentiellement dangereuse. En confiant au régime la garde des prisonniers de l’EI, cette décision pourrait non seulement affaiblir les efforts internationaux de lutte contre le terrorisme, mais aussi créer un vide sécuritaire propice à de nouvelles résurgences. L’avenir de la région et la menace jihadiste restent plus que jamais incertains.