
Le poste-frontière de Rafah, point vital pour l’aide humanitaire à Gaza, devrait connaître une « réouverture limitée », selon une annonce d’Israël. Une nouvelle qui, loin de rassurer, soulève plus de questions qu’elle n’apporte de solutions. Cette décision, fruit de l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025 et du « plan en vingt points du président Trump », s’accompagne d’un « mécanisme d’inspection israélien complet », transformant un geste humanitaire potentiel en une nouvelle contrainte.
Malgré les appels désespérés des Nations unies et de la communauté humanitaire, Israël a longtemps bloqué l’accès, prétextant la non-restitution du corps de l’otage Ran Gvili. Une monnaie d’échange cynique qui a prolongé les souffrances d’une population déjà dévastée. Même les émissaires de Donald Trump auraient dû insister pour cette réouverture, montrant l’ampleur des pressions internationales nécessaires pour un simple acte d’humanité.
Le bureau du premier ministre israélien a déclaré qu’une « opération ciblée » est en cours pour récupérer la dépouille de Ran Gvili, condition sine qua non à la réouverture de Rafah. Cette annonce souligne la priorité discutable accordée à une dépouille plutôt qu’à la vie de milliers de civils, plongeant Gaza dans une crise humanitaire sans précédent. Pendant ce temps, Donald Trump, dans un élan de déconnexion totale, esquisse un projet de « nouveau Gaza » fait de gratte-ciel luxueux, ignorant la réalité d’un territoire en ruines.
La deuxième étape du plan Trump prévoit le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l’armée israélienne, des conditions dont la mise en œuvre semble illusoire. Le cessez-le-feu, loin d’apporter la paix, est constamment bafoué, les deux parties s’accusant mutuellement de violations. La situation à Gaza reste un baril de poudre, et cette « réouverture limitée » de Rafah n’est qu’un pansement sur une hémorragie, ne présageant rien de bon pour l’avenir de la région.







