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L'ICE, police de l'immigration américaine, est au cœur d'un scandale grandissant. Accusée de brutalité, elle cristallise la colère après des morts tragiques, menaçant la politique de Trump.

L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), cette agence fédérale américaine, est au cœur d’une tempête de controverses. Perçue comme l’instrument de la politique anti-immigration radicale de Donald Trump, elle déclenche la fureur des manifestants à travers le pays. Le scandale s’intensifie après la mort tragique de Renee Good et Alex Pretti, tués lors d’opérations et de manifestations anti-ICE. Ces événements macabres révèlent la brutalité inhérente aux méthodes de l’agence, et pourraient bien précipiter la chute du président républicain, déjà en difficulté dans les sondages. La légitimité de l’ICE est plus que jamais remise en question, alors que la colère populaire ne cesse de croître.

Créée en 2003, dans le sillage des attentats du 11-Septembre, l’ICE est censée renforcer la sécurité intérieure, mais elle s’est transformée en une véritable force de traque des migrants. Sous la direction de Todd Lyons, l’agence déploie un budget exorbitant de 9 milliards de dollars pour ses plus de 20 000 employés. Ses missions, officiellement axées sur la lutte contre l’immigration illégale et la criminalité internationale, se sont muées en une chasse à l’homme généralisée, où tout clandestin est assimilé à un criminel. Les centres de détention de l’ICE, au nombre de 200, sont les antichambres de l’expulsion, souvent vers des prisons étrangères, sans considération pour les droits humains les plus élémentaires.

L’ère Trump a marqué un tournant sinistre pour l’ICE. Dès son investiture, Donald Trump a renforcé les pouvoirs de l’agence, transformant le service d’enquêtes sur la sécurité intérieure en une machine de guerre contre l’immigration. L’« Operation At Large » a mobilisé des milliers de personnels supplémentaires, même ceux qui n’avaient aucune expertise migratoire. Désormais, toute personne accompagnant un criminel présumé peut être arrêtée, et les interpellations peuvent avoir lieu dans des lieux sensibles, auparavant sanctuarisés. La cible de l’ICE s’est élargie, passant des criminels violents à tous les clandestins, sans distinction. Les chiffres sont glaçants : des centaines de milliers d’arrestations et d’expulsions, avec des objectifs de quotas toujours plus élevés. La communication de l’ICE, mêlant fermeté, sarcasme et provocation, notamment une vidéo comparant les arrestations à un jeu Pokémon, révèle une déshumanisation alarmante de la politique migratoire. Ce zèle répressif n’est pas sans conséquences, les décès de manifestants et la cristallisation de la colère démocrate sont des signaux inquiétants pour l’avenir politique du pays.