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Une nouvelle loi est censée protéger les enfants victimes de violences, mais ses mesures semblent bien trop faibles et contestées. Un pas en arrière pour la protection infantile.

L’Assemblée nationale a récemment voté une proposition de loi censée mieux protéger les enfants victimes d’inceste et de violences. Mais derrière les annonces, se cache une réalité bien moins reluisante : des mesures insuffisantes et des compromis qui risquent de laisser de nombreuses victimes sur le carreau. L’adoption du texte, bien que transpartisane, soulève des inquiétudes quant à son efficacité réelle. On nous promet des contrôles renforcés et une ordonnance de protection provisoire, mais l’histoire nous a appris que les belles intentions législatives se heurtent souvent à la dureté du terrain.

La loi prévoit d’augmenter la fréquence des contrôles dans les structures d’accueil pour enfants, passant à trois ans, voire deux pour les pouponnières. Est-ce vraiment suffisant pour éviter les drames récents, comme cette affaire où des éducateurs ont rasé la tête d’un enfant en guise de « sanction » ? L’interdiction des structures privées lucratives, bien que saluée, est déjà remise en question par le gouvernement lui-même, évoquant un « risque constitutionnel ». Cela sent le recul programmé avant même l’application de la loi.

La création d’une « ordonnance de protection provisoire » est présentée comme une avancée majeure, permettant d’agir avant les poursuites judiciaires. Le procureur devrait statuer en 72 heures et le juge en 15 jours. Des délais qui, sur le papier, semblent efficaces, mais qu’en est-il dans la pratique ? La bureaucratie française est-elle réellement capable de cette réactivité face à l’urgence ? Et la capacité de l’enfant à donner son consentement pour revoir un parent violent, une mesure noble, mais dont l’application concrète risque d’être un véritable calvaire pour des mineurs déjà traumatisés.

En fin de compte, malgré les efforts louables de la députée Perrine Goulet, cette proposition de loi semble naviguer entre avancées timides et compromis potentiellement dangereux. La protection de l’enfance mérite mieux que des demi-mesures et des textes affaiblis par les réserves gouvernementales. Le risque est grand de voir cette loi devenir un énième pansement sur une blessure béante, sans jamais s’attaquer au cœur du problème de la violence familiale et des défaillances systémiques.