
Face à l’insécurité croissante ressentie par les femmes dans les VTC, une nouvelle application, Lady’s VTC, prétend offrir une solution « 100% féminine » en Île-de-France. Cependant, cette initiative soulève des questions sur sa réelle capacité à garantir la sécurité et à transformer un marché déjà saturé et problématique.
Le constat est alarmant : 61% des femmes déclarent avoir ressenti de l’insécurité lors de trajets en VTC, confrontées à des regards insistants et des remarques déplacées. Des incidents graves, comme un viol présumé en octobre 2025, ont mis en lumière les défaillances systémiques de ces plateformes. Malgré cela, les réponses apportées semblent souvent insuffisantes et fragmentées.
Lady’s VTC, comme « Uber by Women » et « Women for Women » de Bolt avant elle, mise sur un modèle exclusif. Mais ces tentatives passées ont déjà montré leurs limites, notamment des temps d’attente prohibitifs en raison du manque de conductrices. La promesse d’un service « premium sans attente excessive » avec seulement 50 conductrices pour les premières semaines paraît donc bien optimiste, voire irréaliste.
La start-up met en avant une commission réduite, censée attirer davantage de conductrices et proposer des tarifs plus intéressants. Pourtant, la question de la rentabilité et de la pérennité d’un tel modèle économique, face aux géants du secteur, reste posée. Le marché des VTC est connu pour ses marges faibles et la pression constante sur les chauffeurs.
La vérification des papiers d’identité et la sensibilisation des conductrices, bien qu’essentielles, ne suffiront pas à elles seules à éradiquer toutes les menaces potentielles. La sécurité est un enjeu complexe qui exige des mesures bien plus robustes et une **réflexion approfondie** sur la formation et le suivi des chauffeurs, hommes comme femmes.
L’ambition de « démocratiser cette profession » et la rendre plus accessible aux femmes est louable. Cependant, sans une action concertée et une réglementation plus stricte du secteur, ces initiatives risquent de n’être que des palliatifs face à un problème d’une **ampleur bien plus vaste**, laissant les femmes toujours vulnérables dans leurs déplacements quotidiens.








