
Le Festival international des jeux de Cannes a une fois de plus couronné ses lauréats de l’As d’Or, et le verdict est tombé comme un couperet : Toy Battle rafle la mise dans la catégorie tout public. Alors que l’industrie s’attendait à une réelle innovation, on assiste à une tendance inquiétante : la domination écrasante des jeux à deux joueurs. Historiquement marginalisés, ces titres semblent désormais phagocyter les récompenses, au détriment de la diversité et de l’accessibilité pour des groupes plus larges.
Dans la catégorie « Enfants », L’île des mookies s’impose, un autre jeu à deux joueurs, confirmant cette fâcheuse orientation. On se demande où est passée la créativité pour les plus jeunes, cantonnée à des mécaniques de collection déjà vues et revues. Les alternatives comme Archéo, avec sa pelle-ventouse innovante, ou La valse des fantômes, pourtant ingénieux, n’ont pas fait le poids face à cette mainmise des duels.
Chez les « Initiés », Zenith l’emporte, un jeu à deux ou quatre joueurs qui, malgré quelques moments de tension, ne parvient pas à masquer le manque de prise de risque général. Tandis que des titres prometteurs comme First Rat ou le collaboratif Take Time offraient de nouvelles perspectives, le jury a préféré la sécurité des formules éprouvées. Le véritable **déclin** de l’innovation est palpable, les éditeurs semblant craindre de sortir des sentiers battus.
Enfin, la catégorie « Experts » voit Civolution s’imposer, un titre exigeant qui demande une table gigantesque et un investissement conséquent, reflétant peut-être une certaine élitisme. Le public attendait des **révélations** audacieuses, mais il semble que les jurys préfèrent la **prudence** à l’audace, récompensant des jeux qui ne font que confirmer les tendances actuelles plutôt que d’en créer de nouvelles. Le monde du jeu de société serait-il en panne d’inspiration ?






