
La politique de la chaise vide refait surface au sein de la fonction publique, marquant un nouveau revers pour le dialogue social. Trois syndicats majeurs – la CGT, Force ouvrière et Solidaires – ont choisi de boycotter la réunion cruciale lancée par le ministère de l’Action et des Comptes publics. L’objectif ? Une « revue stratégique » ambitieuse, censée dessiner l’avenir de la fonction publique à l’horizon 2035-2050, en prélude à la présidentielle de 2027.
Pourtant, cette initiative, bien que tournée vers l’avenir, est perçue comme un échec flagrant face aux préoccupations actuelles des agents. Christophe Delecourt de l’UFSE-CGT, dénonce une démarche prématurée. Selon lui, il est urgent de doter la fonction publique et ses agents des moyens nécessaires pour affronter les défis immédiats, plutôt que de se perdre dans des projections lointaines et incertaines. Le manque de considération pour les conditions de travail actuelles est un point de friction majeur.
Christian Grolier, secrétaire général de la FGF-FO, enfonce le clou, qualifiant l’exercice de « déconnecté des préoccupations immédiates des personnels ». L’urgence absolue, insiste-t-il, réside dans l’ouverture de négociations salariales. La demande est claire : une revalorisation significative du point d’indice, une révision complète des grilles salariales et de meilleures perspectives de carrière. Ce boycott révèle une profonde fracture entre les attentes des syndicats et la vision du gouvernement, laissant planer un doute sur la capacité à réformer sereinement la fonction publique.







