slave-trade-history
La France a créé la polémique en s'abstenant lors d'un vote crucial à l'ONU reconnaissant l'esclavage comme "le plus grave crime contre l'humanité". Une décision incompréhensible qui indigne les parlementaires d'outre-mer et ternit l'image du pays. Cette abstention est perçue comme un recul historique.

La France, pays des Lumières et patrie des droits de l’homme, vient d’entacher sa réputation internationale en s’abstenant lors d’un vote crucial aux Nations unies. La résolution, pourtant essentielle, visait à reconnaître l’esclavage et la traite transatlantique comme le « plus grave crime contre l’humanité ». Cette décision, incompréhensible pour beaucoup, a provoqué une onde de choc et de vives réactions, notamment parmi les parlementaires d’outre-mer.

Des voix s’élèvent en Martinique, Guadeloupe et Guyane pour dénoncer ce « signal profondément incompréhensible ». Béatrice Bellay, députée socialiste, souligne l’ironie d’une nation qui fut pionnière avec la loi Taubira, mais qui aujourd’hui, semble faire marche arrière. Christian Baptiste, député guadeloupéen, qualifie cette position de « recul », craignant qu’elle n’ouvre la voie à un dangereux déni de l’histoire. Cette abstention affaiblit gravement la crédibilité de la France auprès de ses propres citoyens ultramarins, fustige Marcellin Nadeau de la France Insoumise, y voyant un « nouveau refus de reconnaissance pleine et entière ».

L’ancien ministre Victorin Lurel n’hésite pas à parler de « faute morale, historique, diplomatique et politique », craignant que cette décision ne ternisse l’image déjà fragile de la France et ne sabote les efforts de réconciliation mémorielle. Le Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale de Guyane rappelle avec amertume que l’esclavage n’est pas qu’un crime du passé, mais une tragédie dont les conséquences structurent encore les inégalités actuelles. Un constat accablant pour un pays qui se veut exemplaire.

Pendant que 123 nations s’unissaient pour condamner cette injustice, la France, aux côtés de 51 autres abstentionnistes, a préféré l’ambiguïté au courage. Les arguments avancés, tel celui de la « compétition des tragédies », semblent bien pâles face à l’ampleur du drame humain. Cette décision soulève des questions profondes sur l’engagement réel de la France envers la mémoire et la justice, et laisse un goût amer à tous ceux qui luttent pour une pleine reconnaissance des crimes passés et de leurs répercussions actuelles.