
Coup de théâtre et tollé international : l’armée israélienne a sidérément annoncé l’annulation des inculpations contre cinq de ses soldats. Ces derniers étaient accusés de mauvais traitements graves envers un détenu palestinien dans la prison de haute sécurité de Sdé Teiman, près de Gaza. Une décision qui, loin d’apaiser les tensions, risque d’attiser la colère et la méfiance envers la justice militaire israélienne.
Les faits, d’une brutalité choquante, remontent à juillet 2024. Les soldats étaient soupçonnés d’avoir agi avec une « grande violence », allant jusqu’à poignarder le derrière du détenu avec un objet pointu, causant une pénétration près du rectum. Des blessures comme des côtes cassées, un poumon perforé et des lésions rectales avaient été documentées. L’affaire avait déjà fait grand bruit en février 2025 avec l’annonce des inculpations, promettant un procès équitable qui n’aura finalement pas lieu.
L’armée justifie son revirement par des « difficultés procédurales » et l’impossibilité de faire témoigner le détenu, échangé contre des otages israéliens en novembre 2025 et renvoyé à Gaza. Une excuse jugée bien trop commode par de nombreuses voix critiques, qui y voient un déni de justice flagrant. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou s’est même félicité de la clôture de ce dossier qui « avait terni la réputation d’Israël ». Une réaction qui sonne comme un aveu de la volonté de clore une affaire embarrassante.
Ce scandale a également entraîné la démission de la procureure générale militaire après la fuite d’une vidéo de l’incident, dont elle aurait autorisé la diffusion aux médias. Ce revirement judiciaire jette une ombre supplémentaire sur la transparence et l’intégrité du système judiciaire militaire israélien, déjà pointé du doigt par des organisations de défense des droits des prisonniers palestiniens pour des allégations récurrentes de mauvais traitements.







