
La mission Artémis 2 de la Nasa, censée marquer un retour historique vers la Lune après plus de cinquante ans, semble surtout souligner les limites et les échecs de l’exploration spatiale moderne. Alors que des spationautes américains et canadiens devaient effectuer un tour complet de l’astre, l’événement, retransmis en direct, s’est surtout distingué par ses promesses non tenues et son manque de panache.
Quatre jours après leur départ de Floride, Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et Jeremy Hansen ont certes approché la Lune, dépassant même le record d’éloignement d’Apollo 13. Un exploit technique, sans doute, mais qui peine à masquer le fait qu’aucun Russe ou Chinois ne se soit aventuré au-delà de 400 km de la Terre, laissant les États-Unis seuls sur un terrain de jeu où la concurrence semble avoir disparu.
La retransmission, annoncée en grande pompe sur YouTube, Amazon et Netflix, a été entachée par une qualité vidéo médiocre, comme si la technologie n’avait pas évolué depuis les années 70. L’interruption des communications de 40 minutes, qualifiée de « palpitante mais aussi un peu effrayante », a surtout rappelé la fragilité de ces missions coûteuses, où le moindre incident peut virer au drame.
Malgré les tentatives de la Nasa de créer le buzz autour des « premières » (une femme, un homme noir, un non-Américain), ces éléments sont bien maigres pour justifier le coût et les risques d’une telle entreprise. Le survol de la Lune à 6500 kilomètres d’altitude, bien plus loin que les missions Apollo, a offert une vue lointaine de l’astre, le réduisant à la taille d’« un ballon de basket ». Une bien piètre récompense pour un voyage aussi ambitieux.
L’observation de la face cachée de la Lune et d’une éclipse solaire, bien que présentées comme des points d’orgue, n’ont pas non plus réussi à masquer le sentiment général que cette mission, loin de révolutionner notre compréhension de l’univers, n’a fait que rejouer un script déjà vu, avec moins d’éclat et plus d’incertitudes.






