Seine-River-swimmers
Malgré un afflux de près de 90 000 baigneurs, la baignade dans la Seine révèle des lacunes flagrantes, entre fermetures dues à la pollution et coûts exorbitants.

Alors que la baignade dans la Seine devait être un triomphe, la réalité semble plus nuancée. Malgré l’engouement affiché, avec près de 90 000 entrées recensées cet été, la gestion de cette initiative laisse perplexe. La mairie de Paris, face à un succès qu’elle qualifie d’« exceptionnel », envisage de prolonger la période d’ouverture au-delà du 31 août, ignorant les potentielles complications et les critiques qui persistent.

Le site de Bercy, le plus vaste des trois points de baignade, est souvent présenté comme un havre de paix, loin de l’agitation habituelle. Pourtant, l’affluence a été loin d’être constante. Si les jours de canicule ont vu jusqu’à 2 500 personnes se presser sur les pontons, d’autres journées affichent des chiffres dérisoires, avec cinq fois moins de visiteurs. Un tel écart remet en question la réelle popularité de l’opération et sa capacité à attirer les foules sur la durée.

Les obstacles n’ont d’ailleurs pas manqué : le mois de juillet a été marqué par de nombreuses fermetures dues à la mauvaise qualité de l’eau, conséquence directe de fortes pluies. Treize jours d’interdiction sur un mois, c’est un bilan qui fait grincer des dents et qui soulève des doutes sur la viabilité à long terme de cette « reconquête du fleuve ». Malgré un investissement colossal d’un milliard d’euros pour la dépollution, la Seine reste fragile, dépendante des aléas climatiques et des rejets.

En dépit des déclarations rassurantes de l’Agence Régionale de Santé, affirmant l’absence de cas graves d’infection, le scepticisme demeure. Les investissements considérables et les promesses ambitieuses semblent se heurter à une réalité plus complexe et plus coûteuse que prévu, avec des prolongations qui pèseront lourdement sur le budget de la Ville. Et pendant ce temps, les projets pour de nouveaux sites en 2026, notamment à Neuilly-sur-Marne ou Sèvres, se profilent, comme si les problèmes actuels étaient déjà oubliés.