
L’Italie s’apprête à assister à une fusion bancaire monumentale, mais non sans risques. Banco BPM, bien que plus petite, a audacieusement proposé une fusion à Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), visant à créer la deuxième plus grande banque du pays derrière UniCredit. Une manœuvre qui soulève des questions sur la véritable motivation et la solidité de ce nouveau colosse financier.
La proposition intervient alors que BMPS, une banque historiquement fragile et sauvée de la faillite par l’État italien en 2017, vient tout juste d’acquérir Mediobanca. Cette acquisition avait déjà propulsé BMPS, la plus vieille banque du monde, vers une nouvelle dimension. Désormais, cette nouvelle union entre Banco BPM et BMPS, prétendument « entre égaux », capitaliserait autour de 50 milliards d’euros.
Le conseil d’administration de Banco BPM a approuvé cette fusion à l’unanimité, espérant des synergies colossales de 1,1 milliard d’euros, dont 650 millions d’euros d’économies de coûts. Cependant, cette optimisme forcé masque les défis inhérents à l’intégration de deux entités de cette envergure, surtout avec l’historique tumultueux de BMPS.
L’échec de la tentative d’acquisition de BMPS par UniCredit l’année dernière, due aux exigences strictes du gouvernement italien, rappelle la fragilité persistante de la doyenne des banques mondiales. Ce nouveau projet, bien que présenté comme une avancée, pourrait plutôt être une tentative désespérée de consolider un secteur bancaire italien toujours éclaté et vulnérable, avec un risque non négligeable de créer un géant aux pieds d’argile.






