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Un verdict accablant : quinze et six ans de prison ont été requis contre une grand-mère et sa fille pour l'abandon et la mort d'un nouveau-né, révélant une intention macabre.

Un dénouement tragique et une once d’espoir. La cour d’assises de Côte d’Or a rendu son verdict dans l’affaire révoltante des deux bébés abandonnés dans des sacs de courses. Un cas qui a exposé la cruauté et la détresse humaine dans ses manifestations les plus sombres. Quinze et six ans de prison ont été requis, respectivement, contre la grand-mère et sa fille, accusées d’avoir délibérément mis fin aux jours de l’un des nouveau-nés et tenté de faire de même pour le second.

Le procès a mis en lumière des actes inqualifiables. L’accusation a été implacable : « Elles avaient l’intention de donner la mort », a martelé David Dufour, avocat général. Tandis que la mère, Sabrina Boulsas, 26 ans, a écopé d’une réquisition de six ans, la grand-mère, Zara Nacir, 44 ans, fait face à une peine bien plus lourde de quinze ans. Cette dernière est accusée d’avoir été l’instigatrice de ce geste, par honte et la crainte de perdre son conjoint, un homme décrit comme strict et violent.

Les détails macabres des faits ont glacé l’auditoire. Les bébés, des prématurés de moins de 800 grammes, ont été « emmaillotés totalement » pour les empêcher de respirer, puis dissimulés dans un sac. L’appel aux secours, tardif et fallacieux, n’a mentionné qu’une « fausse couche ». Un mensonge éhonté quand on sait que les bébés étaient vivants à la naissance. Seule l’une des deux petites a survécu, un miracle dans cet océan de noirceur. « Il y avait une intention de ne laisser aucune chance de survie », a souligné Elise Rolet, avocate de l’aide sociale à l’enfance.

Pour les avocats des parties civiles, le constat est accablant : ces enfants ont été « traités comme des déchets ». La défense a tenté de plaider la « détresse absolue » et l’« affolement », mais l’ampleur des actes commis laisse peu de place à l’indulgence. Ce drame souligne une fois de plus les failles profondes de notre société face à la détresse psychologique et à la violence intrafamiliale. Le verdict, attendu pour ce soir, sera un reflet de la justice face à une horreur innommable.