
La Biennale de Venise, supposée être un phare de l’art et de la liberté, s’apprête à commettre un acte choquant. Malgré les appels désespérés de l’Ukraine, la Russie, agresseur impuni, est sur le point de faire un retour scandaleux en mai, marquant sa première apparition depuis l’invasion dévastatrice de février 2022. Une décision qui défie toute décence et toute logique humanitaire. Les ministres ukrainiens des Affaires étrangères et de la Culture ont fustigé cette volte-face, exhortant les organisateurs à maintenir leur position de principe, celle qui avait banni la Russie en 2022 et 2024. Mais il semble que l’argent et la politique l’emportent une fois de plus sur la morale.
Kiev ne mâche pas ses mots : «Depuis 2022, la guerre menée par la Russie a coûté la vie à 346 artistes et à 132 professionnels des médias ukrainiens et étrangers». Des milliers de sites culturels ont été détruits ou endommag par la barbarie russe. L’Ukraine dénonce une utilisation cynique de la culture comme «instrument d’influence politique». Pourtant, les organisateurs de la Biennale semblent aveugles à cette réalité brutale, ouvrant grand les portes à près de 40 artistes russes pour l’exposition «The tree is rooted in the sky».
Le ministère italien de la Culture, dans une tentative pathétique de se dédouaner, a affirmé que cette décision avait été prise «en toute indépendance par la Fondation de la Biennale, malgré l’opposition du gouvernement italien». Une excuse creuse qui ne trompe personne. Comment une institution culturelle d’une telle envergure peut-elle ignorer les souffrances d’une nation entière et offrir une plateforme à ceux qui sont responsables de sa destruction ? La Biennale de Venise, autrefois un symbole d’excellence artistique, risque de se transformer en un triste exemple de compromission morale, salissant sa réputation pour des gains politiques ou financiers obscurs. C’est une trahison flagrante des valeurs que l’art est censé défendre.






