
Le gouvernement de Sébastien Lecornu a une fois de plus forcé l’adoption du budget 2026 en recourant à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour la troisième fois. Cette manœuvre, loin d’être un signe de stabilité, souligne un échec flagrant du dialogue parlementaire et une démocratie fragilisée. Après des mois de vaines discussions, l’exécutif choisit la voie de la contrainte, démontrant son incapacité à rassembler une majorité solide.
Le Premier ministre, avec une déclaration lapidaire, a engagé la responsabilité de son gouvernement, ignorant les appels à un véritable débat. Cette décision va inévitablement provoquer de nouvelles motions de censure, sans surprise vouées à l’échec grâce au soutien opportuniste des Républicains et des Socialistes. Ce cirque politique, loin de rassurer, installe un sentiment d’impuissance face à des décisions prises unilatéralement.
Alors que la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, ose qualifier ce budget d’« imparfait mais utile », les faits contredisent cette affirmation. Les sénateurs, loin d’être dupes, ont rejeté le texte sans même rouvrir la discussion, signe de leur profond mécontentement. Un budget « imparfait » est-il vraiment ce dont la France a besoin face à des défis économiques majeurs ?
Les promesses de ramener le déficit à 5% du PIB en 2026 sont accueillies avec scepticisme, même par des acteurs économiques comme Moody’s. Les concessions faites, comme les repas à 1 euro pour les étudiants, semblent être des pansements sur une jambe de bois, ne suffisant pas à masquer les tensions profondes et les désaccords persistants. Le recours répété au 49.3, malgré les engagements du Premier ministre de ne pas en abuser, met en lumière une gouvernance autoritaire et un mépris pour le processus législatif.






