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Le budget 2026, adopté malgré de vifs débats et l'usage répété du 49.3, révèle une démocratie en crise et des promesses politiques brisées. Un compromis forcé qui laisse un goût amer.

Le budget de l’État pour 2026, malgré son adoption quasi intégrale par le Conseil constitutionnel, est une illustration flagrante d’un processus démocratique en crise. Après plus de quatre mois de débats parlementaires houleux et d’un feuilleton législatif épuisant, la promulgation de ce texte ne masque pas les profondes fissures politiques qu’il révèle. L’utilisation répétée de l’article 49.3 par le gouvernement a transformé l’élaboration budgétaire en un simulacre de consultation, où la volonté exécutive a brutalement primé sur le dialogue.

Le dénouement de cette mascarade législative a vu le Conseil constitutionnel, étrangement présidé par un ancien fidèle du parti au pouvoir, valider l’essentiel du texte. Seuls huit points qualifiés de «minimes» ont été censurés, confirmant ainsi la capacité du gouvernement à imposer sa vision, même face aux rares tentatives de résistance. Il est particulièrement notable que des mesures controversées, comme la taxe sur les holdings, aient échappé à une révision sérieuse, malgré les alertes initiales. Cette complaisance interpelle et soulève des questions sur l’indépendance réelle des institutions face à un exécutif déterminé.

Ce budget, entériné à coups de concessions forcées et de promesses reniées, marque un triste record. C’est le deuxième exercice consécutif à être adopté dans un climat de fracture politique extrême, conséquence directe de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. Le Premier ministre a dû sacrifier ses engagements initiaux, en particulier sa promesse de ne pas recourir à la force, utilisant à trois reprises le 49.3. Ce qui était présenté comme un compromis s’apparente davantage à une capitulation face à la pression, révélant une faiblesse alarmante de la gouvernance actuelle.

Les objectifs affichés, tels que la réduction du déficit public à 5 % du PIB, semblent bien timides au regard des efforts requis, et même en deçà des ambitions initiales. Pire encore, les entreprises devront faire face à plusieurs hausses d’impôts inattendues, contredisant le discours de stabilité fiscale. Pendant que les crédits de la défense augmentent drastiquement, d’autres secteurs essentiels voient leurs budgets stagner, voire diminuer, ce qui promet de nouvelles difficultés pour les citoyens. Ce budget est le reflet d’une politique où les priorités semblent dictées par l’urgence plutôt que par une vision cohérente et équitable.