
Alors que les départs en vacances approchent, E. Leclerc et Intermarché annoncent des opérations de vente de carburant à prix coûtant, une tactique commerciale bien rodée qui soulève des interrogations sur son réel impact. Michel-Édouard Leclerc, figure emblématique de la grande distribution, a claironné le retour de cette « bagarre commerciale », promettant des baisses de prix pour ce premier week-end de juillet. Thierry Cotillard, patron des Mousquetaires, a embrayé, annonçant des réductions de « quelques centimes » chez Intermarché. Une aubaine pour les automobilistes ou une poudre aux yeux ?
Ces opérations, fréquentes dans le secteur, ne peuvent en réalité générer qu’une baisse limitée. La vente à perte étant proscrite, les marges des distributeurs sur le carburant sont déjà infimes. Plus grave encore, la majeure partie du prix à la pompe est constituée de taxes, sur lesquelles les enseignes n’ont aucun pouvoir. L’enthousiasme affiché par Michel-Édouard Leclerc, qui se réjouit d’un écart de 15 centimes avec TotalÉnergies, masque difficilement la frustration générale face à une baisse des prix jugée « trop lente ».
Mais la véritable surprise vient de l’incursion d’E. Leclerc dans le marché de la recharge électrique. L’enseigne annonce un prix agressif de 19 centimes du kWh, présenté comme « moins cher qu’à la maison ». Si cette initiative pourrait sembler louable, elle soulève des questions sur la capacité du réseau à absorber une demande croissante, surtout avec l’objectif de 10 000 bornes. Cette « guerre des prix » ne serait-elle qu’un habile stratagème pour attirer les clients dans les magasins, masquant des problèmes plus profonds liés au pouvoir d’achat et à la transition énergétique ? Les consommateurs devront rester vigilants face à ces annonces souvent plus spectaculaires qu’efficaces.






