
Le géant français Carrefour tente désespérément de se refaire une santé sur le marché espagnol, mais l’ombre menaçante de son rival local, Mercadona, plane sur ses ambitions. Malgré des efforts considérables pour moderniser ses hypermarchés et multiplier les supérettes de proximité, le groupe se heurte à une réalité brutale : Mercadona détient une part de marché écrasante de 33%, reléguant Carrefour à une lointaine deuxième place avec seulement 9%. Une situation bien loin de celle observée en France, où l’écart avec Leclerc est bien moins prononcé.
Les stratégies de Carrefour, comme l’introduction de produits étrangers pour attirer la clientèle touristique à Palma de Majorque, semblent n’être que des tentatives désespérées face à la mainmise de Mercadona, champion incontesté des marques de distributeur. Le marché espagnol, déjà saturé par un nombre élevé de grandes surfaces par habitant, rend la tâche encore plus ardue pour le distributeur français. La concurrence acharnée, avec des acteurs comme Lidl qui grignotent aussi des parts de marché (7%), laisse peu de marge de manœuvre à Carrefour pour inverser la tendance.
Ce déploiement massif en Espagne, présenté comme une priorité, pourrait bien se transformer en un véritable fardeau financier si les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous. Carrefour est contraint d’innover à marche forcée, mais il reste à voir si ces efforts seront suffisants pour déstabiliser l’hégémonie de Mercadona et éviter une potentielle déroute dans un pays où le consommateur semble déjà avoir choisi son camp. Le pari est risqué, et l’issue incertaine.






